Histoire de la Thaïlande depuis 1973

Histoire de la Thaïlande - partie 5/5

1973-1976

Les événements d’octobre 1973 correspondirent à une révolution dans la vie politique thaïe. Pour la première fois, la classe moyenne urbaine, entraînée par les étudiants, mit en échec la vieille classe dirigeante et l’armée et gagna, apparemment, la bénédiction du Roi pour une transition vers une démocratie totale.

Cependant, la Thaïlande n’avait toujours pas produit de classe politique capable de faire fonctionner correctement cette nouvelle démocratie audacieuse. Les élections de 1975 et 1976 ne permirent pas de dégager une majorité nette. Le politicien Seni Pramoj et son frère Kukrit Pramoj devinrent Premier ministre l’un après l’autre, mais ne purent pas mener un programme cohérent de réformes. Le choc pétrolier de 1974 entraîna une récession et une forte inflation, affaiblissant la position du gouvernement. La décision la plus populaire du gouvernement démocratique fut d’assurer le retrait des troupes américaines de Thaïlande.

La pertinence de cette décision fut néanmoins remise en question lorsque le Vietnam, le Laos et le Cambodge tombèrent aux mains des communistes en 1975. L’arrivée de régimes communistes aux portes de la Thaïlande, l’abolition de la monarchie laotienne après 600 ans de règne et l’arrivée en masse de réfugiés du Laos et du Cambodge fit pencher l’opinion thaïe à droite.

Retour au régime militaire

A la fin de l’année 1976, la classe moyenne modérée s’était détournée du militantisme des étudiants. L’armée et les partis de droite commencèrent une guerre de propagande contre le libéralisme des étudiants, accusant les militants d’être communistes. En octobre, Thanom retourna en Thaïlande pour intégrer un monastère royal. Après avoir protesté contre son retour, deux étudiants accusés de conspiration communiste furent pendus. Des étudiants de l’université Thammasat organisèrent des manifestations et, le 6 octobre 1976, l’armée dépêcha des paramilitaires. Des centaines d’étudiants furent torturés et tués, la constitution fut suspendue et l’armée prit le pouvoir.

L’armée installa Thanin, un ancien juge ultra-conservateur, au poste de Premier ministre, et entreprit une purge des universités, des médias et de la fonction publique. Le ministre de l’Intérieur de l’époque était Samak Sundaravej, qui devait devenir Premier ministre en 2008. Des milliers d’étudiants, intellectuels et autres militants de gauche fuirent Bangkok et rejoignirent les forces rebelles du parti communiste dans le Nord et le Nord-Est. D’autres, dont le recteur de l’université Thammasat, partirent en exil. Le secteur économique connut de graves problèmes, car le nouveau régime était aussi instable que l’expérience démocratique. En octobre 1977, une section différente de l’armée organisa un autre coup d’état et remplaça Thanin par le Général Kriangsak Tinsulanonda (connu sous le nom de Prem), un royaliste réputé pour être incorruptible.

L’ère Prem

Pendant presque toute la décennie 1980-90, la Thaïlande fut dirigée par Prem, un homme fort, sensible à la démocratie et qui restaura la politique parlementaire. Par la suite, et jusqu’en 2006, le pays demeura une démocratie, hormis une courte période militaire entre 1991 et 1992.

Le Général Prem Tinsulanonda
Le Général Prem Tinsulanonda

Le Roi et Prem s’efforcèrent de mettre un terme aux interventions militaires violentes. En avril 1981, de jeunes officiers de l’armée préparèrent un coup d’état, prenant le contrôle de Bangkok, mais Prem, soutenu par le Roi, parvint à reprendre la capitale pacifiquement. Cet événement augmenta encore le prestige de la monarchie et mit en relief le statut de Prem en tant que modéré. On adopta une nouvelle constitution et des élections eurent lieu en avril 1983, donnant une large majorité à Prem, maintenant considéré comme un homme politique civil.

Prem bénéficia également de la révolution économique qui souffla en Asie du Sud-Est. Après la récession du milieu des années 70, il y eut un vrai développement économique. Pour la première fois, la Thaïlande devint une puissance industrielle significative et des produits manufacturés tels que les composants informatiques, le textile ou les chaussures prirent la place du riz, du caoutchouc et de l’étain en tête du classement des exportations. Le tourisme se développa rapidement et devint un des piliers de l’économie. Bien que la Thaïlande ne se développa pas aussi vite que les “Tigres Asiatiques” tels que Taïwan et la Corée du Sud, elle prospéra considérablement.

Prem fut Premier ministre pendant huit ans et resta populaire personnellement, mais les changements démocratiques entraînèrent une demande pour un chef plus aventureux. Les élections de 1988 placèrent le Général Chatichai au pouvoir, mais il se révéla incompétent et corrompu.

1992 : mois de mai sanglant

Suchinda agenouillé devant le Roi au cours d'une audience télévisée
Suchinda agenouillé devant le Roi au cours d’une audience télévisée

En facilitant l’enrichissement d’une partie de l’armée grâce à des contrats avec le gouvernement, Chatichai entraîna une faction rivale, menée par le Général Suchinda Krapayoon et d’autres généraux, à effectuer un coup d’état en février 1991. La junte se donna le nom de Conseil National pour le Maintien de la Paix (NPKC). Le NPKC nomma un Premier ministre, Anand Panyarachun, une personnalité civile mais qui devait obéir aux militaires. Les mesures anti-corruption d’Anand furent populaires. Des élections furent organisées en mars 1992.

La coalition gagnante choisit comme Premier ministre Suchinda Kraprayoon, le meneur du coup d’état, rompant ainsi une promesse faite au Roi et confirmant les soupçons selon lesquels le nouveau gouvernement serait un régime militaire déguisé. Des centaines de milliers de personne, menées par l’ancien gouverneur de Bangkok, le Major-General Chamlong Srimuang, se regroupèrent pour protester contre Suchinda. Ce furent les plus grandes manifestations jamais vues à Bangkok. Suchinda essaya d’arrêter les manifestations par la force, grâce à des unités militaires loyales à sa personne, ce qui causa un massacre au cœur de la ville. Des centaines de personnes perdirent la vie. La marine se mutina, et le pays sembla être au bord de la guerre civile. En mai, le roi intervint : il convoqua Suchinda et Chamlong à une audience télévisée, à la suite de laquelle Suchinda dut démissionner.

1997 : la crise asiatique

Chuan Leekpai
Chuan Leekpai

Le Roi renomma Anand comme Premier ministre par intérim, jusqu’à ce que des élections eurent lieu en septembre 1992. Le Parti Démocrate, dirigé par Chuan Leekpai, en sortit victorieux, grâce aux voix de Bangkok et du Sud. Chuan était un administrateur compétent qui resta au pouvoir jusqu’en 1995, quand il fut battu par une coalition des conservateurs et de partis de provinces menée par Banharn Silpa-acha. Soupçonné de corruption dès le début, le gouvernement de Banharn dut organiser de nouvelles élections en 1996. Le Parti de la Nouvelle Aspiration du Général Chavalit Yongchaiyudh bénéficia d’une courte majorité.

Peu après ses débuts, le Premier ministre Chavalit fut confronté à la crise financière asiatique de 1997. Il démissionna en novembre 1997 après de fortes critiques quant à sa manière de gérer la crise. Chuan revint alors au pouvoir. Il réussit à passer un accord avec le Fond Monétaire International qui stabilisa la monnaie et permit au FMI d’intervenir pour remettre l’économie thaïe sur pied. A la différence de ce qui se passait généralement dans le pays, cette crise fut réglée par des dirigeants issus du monde civil, grâce à des procédés démocratiques.

Thaksin Shinawatra

De 2001 à 2006, la politique thaïe fut dominée par le parti Thai Rak Thai (les Thaïs aiment les Thaïs), le parti populiste du millionnaire Thaksin Shinawatra, magnat des télécommunications. Thaksin, un ancien policier, fit une campagne efficace sur des thèmes tels que la lutte contre la corruption, le crime organisé, la drogue et l’abandon des vieilles histoires politiques. Il gagna les élections de janvier 2001 plus largement qu’aucun autre Premier ministre thaï pour des élections libres.

Thaksin Shinawatra
Thaksin Shinawatra

Thaksin supervisa le rétablissement rapide de l’économie thaïe et remboursa toutes les dettes au FMI avant la date limite. Dès 2002 la Thaïlande, et Bangkok en particulier, connut un autre boom économique. Tandis que des industries bas de gamme se délocalisèrent en Chine et dans d’autres pays aux bas salaires, la Thaïlande se spécialisa dans la fabrication de produits plus sophistiqués, à la fois pour un marché domestique en expansion grâce à la classe moyenne, et pour l’export. Le tourisme, et particulièrement le tourisme sexuel, continua à rapporter énormément, malgré les campagnes ponctuelles du gouvernement pour contrôler la vie nocturne du pays. Les mesures de Thaksin furent particulièrement efficaces pour alléger la pauvreté des ruraux et fournir un accès presque universel aux soins de santé à un coût abordable. Son électorat se trouvait principalement dans les régions rurales pauvres du nord, du nord-est et du centre de la Thaïlande. Aux élections de février 2005 sa victoire fut encore plus écrasante, et il entama son deuxième mandat consécutif.

Cependant, de nombreuses critiques s’élevaient régulièrement vis-à-vis du gouvernement : corruption, dictature, démagogie, trahison, conflits d’intérêt, actions non-diplomatiques, évasion fiscale, utilisation de vides juridiques et hostilité envers la presse libre. Thaksin fut accusé de crime de lèse-majesté, de ventes de biens domestiques à des investisseurs internationaux et d’avoir commis des assassinats extra-judiciaires (en particulier dans le Sud rétif et durant sa guerre contre les trafiquants de drogue).

Les accusations portaient aussi sur sa gestion abusive de la privatisation de PTT et EGAT, la déloyauté de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Thaïlande, et la corruption entourant le projet de construction de l’aéroport Suvarnabhumi. En janvier 2006, bien qu’elle fut légale, la revente, non taxée, des parts de sa famille dans Shin Corporation pour 73 000 millions de bahts, multiplia encore les accusions de la part des médias et des partis de l’opposition. Des meetings pro et anti-Thaksin furent organisés de janvier à mars 2006 et Thaksin y fit face en appelant une élection en avril. Son parti la remporta mais l’élection fut ensuite invalidée.

Le 19 septembre 2006, alors que le Premier ministre était à New York pour l’assemblée générale de l’ONU, le Commandant en chef de l’armée, le lieutenant général Sonthi Boonyaratglin, fit un coup d’état, le 18ème depuis 1932.

Le coup d’état de 2006 et ses conséquences

Le coup d’état survint après une crise politique d’un an entre Thaksin et ses opposants politiques, et moins d’un mois avant la date prévue pour des élections. Les militaires les annulèrent, suspendirent la constitution et procédèrent à la dissolution du Parlement. La loi martiale fut déclarée et les membres du gouvernement arrêtés. Les manifestations et toutes les activités politiques furent interdites, et les médias furent censurés.

Il y eut dans Bangkok des signes d’affection à l’égard des soldats postés dans leur ville. Des habitants leur apportaient de la nourriture, des boissons et des fleurs, et se faisaient prendre en photo avec eux, dans une ambiance bon enfant. Les tanks et les fusils arboraient des rubans jaunes (le jaune est la couleur du roi), et les observateurs thaïs et internationaux s’accordaient à penser que le coup d’état avait le soutien du roi Bhumibol. Le silence du roi et du président de son conseil, Prem Tindulanonda, était à lui seul éloquent.

Sonthi et Surayud
Sonthi et Surayud

Les nouveaux dirigeants, menés par le Général Sonthi et regroupés au sein d’un “Conseil pour la Sécurité Nationale” nommèrent le Général en retraite Surayud Chulanont au poste de Premier ministre, le 1er octobre 2006. Surayud et Prem avaient eux-mêmes joué un grand rôle dans la promotion de Sonthi au poste de commandeur des armées.

Le niveau de corruption tel qu’il était perçu par la population augmenta considérablement pendant le gouvernement de Surayud. Surayud augmenta le budget de l’armée de 35% et fut accusé de mauvaise gestion économique, d’atteintes aux droits de l’homme et de revirement d’opinion sur plusieurs sujets. La Thaïlande se classa derrière le Cambodge et l’Indonésie en terme de liberté d’expression. Le taux de croissante économique fut au plus bas depuis cinq ans et le plus bas de la région. Bien que Sonthi soit le premier musulman à la tête de l’armée et malgré les excuses de Surayud pour les atrocités commises par l’armée thaïe, l’escalade de la violence continua dans le Sud en 2006 et 2007.

Une nouvelle constitution, la 16ème en 60 ans, fut écrite par un comité nommé par la junte. Celle-ci fit passer une loi instituant comme criminelles les critiques de la constitution et l’opposition à un référendum constitutionnel. La junte annonça également que des élections démocratiques ne se tiendraient que si la constitution était approuvée. Un référendum fut organisé le 19 août 2007 et 57,8% des votants acceptèrent la constitution.

Le 30 mai 2007, un tribunal constitutionnel nommé par la junte fit dissoudre le parti Thai Rak Thai et exclut plus de 100 de ses cadres, dont Thaksin, de la vie politique pour cinq ans. Des élections furent programmées pour le 23 décembre 2007, mais le parti Thai Rak Thai se reconstruisit rapidement sous un nouveau nom : le Parti du Pouvoir du Peuple.

Le PPP gagna les élections du 23 décembre. Son chef, Samak Sundaravej fut nommé Premier Ministre par le parlement un mois suivant, après une période de deuil en l’honneur de Son Altesse Royale la Princesse Galyani Vadhana, la sœur aînée du roi. Samak, 72 ans, avait été le Ministre de l’Intérieur de l’administration anti-communiste de Thanin en 1976, et Vice Premier Ministre de Suchinda en 1992. A l’époque, il justifiait la répression anti-démocratique brutale en disant que les militaires avaient le droit de le faire dans le but de restaurer la loi et l’ordre.

2008 : les Chemises Jaunes (PAD) contre les successeurs de Thaksin

Des manifestants du PAD au siège du gouvernement
Des manifestants du PAD au siège du gouvernement

Thaksin rentra brièvement en 2008, puis retourna en exil en Angleterre pour éviter un procès.

Le mandat de Samak ne restera pas gravé dans les mémoires, hormis pour l’opposition forte du PAD, l’Alliance Populaire pour la Démocratie. Le PAD se compose alors d’habitants de Bangkok et du Sud, issus des classes moyennes et supérieures, et soutenus par les élites conservatives, des factions de l’armée thaïe et des syndicats des entreprises publiques. Considérant que les populations rurales ne sont pas assez éduquées pour voter, le PAD préconise que le parlement soit majoritairement nommé par le roi, avec seulement 30% de députés élus.

Dirigé par Chamlong Srimuang, qui était déjà à la tête des manifestants de 1992, et le nabab des médias Sondhi Limthongkul, vieil ennemi de Thaksin, le PAD organisa des meetings, bloqua les transports publics et occupa le siège du gouvernement, le forçant à se réunir à l’ancien aéroport de Bangkok.

Samak déclara l’état d’urgence à Bangkok et menaça les manifestants, mais il ne fit pas usage de la force. En septembre 2008, Samak dut démissionner (il était payé pour animer une émission de cuisine à la télévision, ce que le tribunal jugea anticonstitutionnel). Le PAD se réjouit, mais pas pour longtemps puisque le successeur de Samak, Somchai Wongsawat n’était autre que le beau-frère de Thaksin. Les manifestations reprirent et la protestation monta d’un cran. Le 6 octobre, des milliers de militants, certains étant armés, entourèrent le Parlement pour empêcher les députés de se réunir. La police utilisa des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, ce qui fit deux morts et plus de 400 blessés.

Le soir du mardi 25 novembre 2008, des membres armés du PAD prirent possession de l’aéroport international Suvarnabhumi et bloquèrent la route y menant. Tous les vols furent annulés, laissant des milliers de voyageurs bloqués à l’aéroport qui fut fermé pendant huit jours. Le gouvernement demanda à l’armée d’intervenir, mais l’armée n’obéit pas aux ordres. Dans une conférence de presse le 26 novembre, le chef des armées, le Général Anupong Paochinda proposa que le PAD se retire de l’aéroport et que le gouvernement démissionne.

Le chaos prit fin en décembre quand le conseil constitutionnel fit dissoudre le PPP, le parti au pouvoir, ainsi que deux autres partis membres de la coalition, et bannit les dirigeants de la vie politique, y compris le Premier ministre Somchai Wongsawat, pendant 5 ans. Après cette décision, de nombreux partis membres de la coalition firent défection et se rangèrent du côté du principal parti d’opposition, le Parti Démocrate, pour former un nouveau gouvernement. “Nous avons gagné et atteint notre but”, annonça Sondhi Limthongkul. Le 15 décembre 2008, Abhisit Vejjavija fut élu Premier ministre par le Parlement.

2009-2010 : la grogne des Chemises Rouges contre Abhisit

Les premiers signes d’un mouvement violent contre le nouveau gouvernement se firent apercevoir début avril 2009. Le 7, Abhisit fut attaqué par un groupe de militants pro-Thaksin alors qu’il était dans sa voiture. La protestation se déplaça ensuite à Pattaya où se tenait un sommet de l’ASEAN. Les Chemises Rouges envahirent le sommet qu’il fallut annuler. Les dirigeants étrangers furent évacués en hélicoptères jusqu’à une base aérienne militaire voisine. Abhisit déclara l’état d’urgence à Pattaya et Chonburi le 11 avril.

Les protestations se firent plus vives à Bangkok pendant le long week-end de Songkran (nouvel an thaï). Les manifestants utilisèrent des voitures, des bus et même des cuves de GPL pour prendre le contrôle de différents sites dans le centre de Bangkok. Des heurts, de plus en plus violents, eurent lieu entre des manifestants pro et antigouvernementaux. Des mandats d’arrêt furent lancés contre Thaksin et 13 autres leaders. Beaucoup d’entre eux se rendirent à la police le 14 avril, mettant fin aux violences. Les manifestants furent renvoyés chez eux en province dans des bus du gouvernement et l’état d’urgence fut levé le 24 avril. D’après les chiffres du gouvernement, plus de 120 personnes furent blessées, principalement des membres de l’UDD (Union de la Démocratie contre la Dictature, le nom officiel du mouvement des Chemises Rouges). L’UDD annonça la mort de six manifestants mais le chef des armées Anupong Paochinda jura que personne n’avait été tué.

Manifestation des chemises rouges
Manifestation des chemises rouges

Début 2010, une série d’événements mit le feu aux poudres. Le 26 février, des actifs représentants 46 milliards de bahts et appartenant à l’ancien Premier ministre Thaksin furent saisis. Début mars, des “Chemises Rouges” se rendirent à Bangkok pour réclamer des nouvelles élections. Au 15 avril, les échauffourées entre les manifestants et l’armée avaient causé la mort de 24 personnes (civils et militaires), et l’on dénombra 800 blessés.

Le 3 mai, le Premier ministre proposa d’organiser des élections le 14 novembre, si les Chemises Rouges acceptaient son offre. Le lendemain, les dirigeants des Chemises Rouges acceptèrent de quitter les zones occupées de Bangkok, en échange des élections le jour prévu, mais certains manifestants refusèrent de partir et Abhisit annula sa proposition. Bangkok devint une zone de guerre, les troupes tirant à vue sur toute personne entrant dans les périmètres de combat.

Le 19 mai, l’armée attaqua le camp des manifestants, avec le renfort de tanks. Onze manifestants et un journaliste italien y perdirent la vie. Les dirigeants se rendirent ou essayèrent de s’échapper. Un incendie d’origine criminelle détruisit le centre commercial Central Word et des bâtiments publics.

Ces événements ont fait un total de 85 morts et 1 378 blessés (chiffres du 22 mai).

2011 : Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra
Yingluck Shinawatra

Des élections furent finalement organisées le 3 juillet 2011, et elles virent la victoire écrasante du parti des Chemises Rouges (Pheua Thai), dirigé par la jeune sœur de Thaksin, Yingluck Shinawatra. Ancienne femme d’affaires, Yingluck est nouvelle en politique. Thaksin a dit d’elle qu’elle était son “clone” et qu’elle pouvait exécuter ses décisions. Après les élections, Abhisit démissionna de la présidence du Parti Démocrate, et Yingluck devint la première femme Premier Ministre de Thaïlande.

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*