Télévision et cinéma

Télévision

La télévision est de loin le média le plus populaire en Thaïlande. Il y a une télévision dans toutes les maisons, même les plus modestes, allumée en permanence ou presque. Des postes sont souvent allumés dans les magasins, les bureaux ou les administrations, même pendant les heures de travail.

Les chaînes de télévision restent sous le contrôle strict de diverses agences gouvernementales. Les plus gros acteurs de l’industrie télévisuelle thaïe sont MCOT, une ancienne entreprise publique appartenant encore à l’Etat à 77%, et l’armée royale thaïe, qui possède de nombreuses fréquences de diffusion.

Les six chaînes de télévision terrestres sont :
– Channel 3, détenue par MCOT.
– Channel 5, détenue et dirigée par l’armée royale thaïe.
– Channel 7, détenue par l’armée royale thaïe.
– Channel 9, détenue et dirigée par MCOT.
– Channel 11, chaîne publique, détenue et dirigée par le ministère des Relations Publiques.
– TPBS (Thai Public Broadcasting Service), anciennement iTV, qui était détenue et dirigée par Shin Corporation, la compagnie de l’ancien Premier Ministre Thaksin Shinawatra. Mais sa licence a été annulée en 2007 et le ministère des Relations Publiques a pris la suite.

Hormis la télévision terrestre, il y a également plusieurs fournisseurs de câble et satellite en Thaïlande, le plus important étant UBC qui propose des chaînes comme la BBC, CNN, Cinemax, Discovery, Cartoon network et aussi la chaîne francophone TV5 monde.

Séries TV

Les séries des chaînes 3 et 7 tiennent tout le pays (ou du moins sa population féminine) en émoi tous les soirs. La plupart sont des productions bon marché, mettant en scène un héros et une héroïne dans un scénario à la fin prévisible. Les acteurs surjouent, les filles sont volontiers boudeuses ou hystériques, tandis que les hommes sont, au choix, violents ou efféminés. Les effets spéciaux, lorsqu’il y en a, vous rappeleront Bioman, tandis que les scènes comiques sont ponctuées des mêmes effets sonores que dans les dessins animés (et boooiiiinng sur la tête). Néanmoins, certaines séries sont parfois plus originales que d’autres et se laissent regarder, et vous pourrez vous déculpabiliser en disant que c’est pour perfectionner votre thaï. Et lorsque vous serez parfaitement bilingie, pourquoi ne pas tenter votre chance à un casting ? Certains rôles sont joués par des Farangs. Mais ne vous attendez pas à jouer le héros, vous serez sans doute le méchant !

Cinéma

Il existe des films thaïs dans chaque genre cinématographique produit par Hollywood : action, comédie, horreur, comédie musicale…

Pendant les années 70, la Thaïlande a vu exploser sa production locale suite à la décision du gouvernement d’imposer une lourde taxe sur les films importés (ce qui a conduit à un boycott de la Thaïlande par les studios hollywoodiens). Beaucoup de ces films étaient des films d’action de mauvaise qualité, mais des films plus sociaux ont aussi été réalisés, notamment par le prince Chatrichalerm Yukol, un réalisateur habitant aux Etats-Unis et membre de la famille royale. Son Khao Chue Karn (Dr Karn) évoquait la corruption des fonctionnaires thaïs et a failli être interdit par le régime militaire de Thanom. Chatrichalerm a également tourné Hotel Angel (Thep Thida Rong Raem), mettant en scène une jeune femme prise au piège de la prostitution. Il a continué à réaliser de nombreux films à fibre sociale pendant les années 90, jusqu’à sa grande fresque historique, The Legend of Suriyothai, en 2001.

Vichit Kounavudhi fut également un réalisateur prolixe. On lui doit des films d’action et des films plus sociaux comme First Wife, traitant de l’habitude des hommes de prendre une “mia noi”, un euphémisme pour maîtresse. En 1985, Euthana Mukdasanit réalisa Pee Seua lae Dawkmai (Butterfly and Flower), qui met en relief les difficultés dans le sud de la Thaïlande. En 1997, la comédie policière de Pen-Ek, Fun Bar Karaoke, a été sélectionné au festival du film de Berlin, une première en 20 ans pour le cinéma thaï.

En 2002, Blissfully Yours, réalisé par Apichatpong Weerasethakul, remporta le prix “Un certain regard” au festival de Cannes. Présentant une scène de sexe entre un Birman et une Thaïe dans la jungle, il ne put être montré que dans quelques salles thaïes et le DVD fut censuré. Le film suivant d’Apitchatpong, Tropical Malady, montrant l’histoire d’amour homosexuelle entre un soldat et un jeune campagnard, reçut un prix à Cannes mais ne fut presque pas diffusé en Thaïlande.

Les films sont lourdement censurés en Thaïlande. Tous les films, VCD et DVD sont examinés par le bureau de la censure, comme le prévoit une loi sur les films de 1930, toujours en vigueur aujourd’hui.

Genres

Les films d’action restent le genre prédominant des productions thaïes. Ces dernières années, des films d’arts martiaux avec Tony Jaa comme Ong-Bak : Muay Thai Warrior et Tom Yum Goong ont connu un succès international. Les comédies sont également populaires. Quel que soit le style, action, horreur ou comédie dramatique, presque tous les films ont également recours à des ressorts comiques.

Les kathoeys (transexuels/travestis) ou les gays sont souvent utilisés comme éléments comiques ou comme méchants dans les films thaïs, mais ils sont aussi parfois les personnages principaux de l’histoire. Le film précurseur fut Iron Ladies, de Youngyooth Thongkonthun, basé sur l’histoire vraie d’une équipe de volley de kathoeys qui a gagné le championnat national en 1996. Jouant moins sur l’effet comique, Beautiful Boxers (2003) raconte l’histoire de la championne de muay thai transgenre Parinya Kiatbusaba (Nong Tum).

Films thaïlandais

Quelques films ayant marqué le cinéma thaï

Monrak Luk thung (1970), une comédie musicale de luk thung très populaire. Elle est restée à l’affiche six mois.
Butterfly and Flowers (1985), film d’Euthana Mukdasanit montrant la pauvreté le long de la frontière sud.
Tears of the Black Tiger (2000), de Wisit Sasanatieng, le premier film thaï sélectionné à Cannes.
The Legend of Suriyothai (2001), de Chatrichalerm Yukol, le plus gros budget pour un film produit en Thaïlande.
Blissfully Yours (2002) et Tropical Malady (2003), d’Apichatpong Weerasethakul.
Dek hor (2006), de Songyos Sugmakanan, Ours de Cristal au festival de Berlin.
Wonderful Town (2007), d’Aditya Assarat, Tigre d’or au festival de Rotterdam.
Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives (2010), d’Apichatpong Weerasethakul, premier film thaï à remporter la Palme d’Or à Cannes.

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*